Les allures
Les allures à la voile
Les allures définissent la route d’un voilier par rapport à la direction du vent réel. Leur maîtrise conditionne directement la performance, la sécurité, le réglage du plan de voilure et la conduite du navire. On distingue classiquement les allures au près, au travers et aux allures portantes, chacune impliquant des principes aérodynamiques et hydrodynamiques spécifiques.
La maîtrise des allures est fondamentale en navigation à voile. Elle permet d’optimiser la performance du bateau, d’adapter les réglages aux conditions météorologiques et d’assurer la sécurité de l’équipage. Chaque allure implique des équilibres spécifiques entre portance, poussée, stabilité et manœuvrabilité.
Le près
Le près regroupe les allures permettant de remonter au vent. L’angle minimal par rapport au vent réel se situe généralement entre 30° et 45°, en fonction des caractéristiques du bateau (carène, appendices, gréement).
À cette allure, les voiles fonctionnent principalement en portance aérodynamique. Le flux d’air est accéléré sur l’extrados de la voile, générant une force résultante orientée vers l’avant. Les voiles sont bordées au maximum, avec un réglage précis du creux et de la chute afin d’optimiser le rendement.
Les efforts latéraux sont importants, provoquant :
- une gîte marquée,
- une dérive compensée par la quille ou la dérive,
- une charge élevée sur le gréement et le safran.
On distingue :
- le près serré, priorisant le cap au vent au détriment de la vitesse ;
- le bon plein, plus ouvert, offrant un meilleur compromis vitesse / VMG.
Le travers
Le travers correspond à un vent venant perpendiculairement à l’axe du bateau (environ 90°). Les voiles sont réglées à ouverture intermédiaire et travaillent dans un régime aérodynamique optimal.
C’est une allure :
- équilibrée (gîte modérée),
- rapide,
- stable en route.
La gouverne est efficace, les contraintes structurelles sont bien réparties et la vitesse du vent apparent reste élevée. Pour ces raisons, le travers est souvent considéré comme l’allure la plus confortable et la plus efficiente en navigation de croisière et en formation.
Le largue
Le largue est une allure portante, avec un vent venant de l’arrière et du côté, entre environ 120° et 150°. Les voiles sont largement ouvertes et leur fonctionnement combine portance aérodynamique et poussée directe.
À cette allure :
- la vitesse du bateau augmente sensiblement,
- la stabilité directionnelle diminue,
- la barre doit être tenue avec anticipation.
Le risque principal est l’empannage involontaire, notamment lors des variations de vent ou de trajectoire. La gestion du réglage de grand-voile, de l’écoute de génois et éventuellement du hale-bas est essentielle pour sécuriser l’allure.
Le vent arrière
Le vent arrière correspond à un vent venant dans l’axe du bateau (180°). Les voiles sont entièrement choquées et fonctionnent majoritairement par poussée.
Cette allure présente plusieurs particularités :
- diminution du vent apparent,
- efficacité réduite du gouvernail,
- flux d’air perturbé derrière la grand-voile.
La configuration en ciseaux (grand-voile d’un bord, voile d’avant de l’autre) permet d’augmenter la surface exposée au vent, mais exige une vigilance accrue. L’empannage non contrôlé constitue le danger majeur de cette allure.
La zone interdite et le louvoyage
La zone interdite correspond au secteur situé face au vent, dans lequel les voiles ne peuvent produire de portance efficace. Pour progresser dans cette direction, le voilier doit effectuer une succession de virements de bord, appelée louvoyage.
L’efficacité du louvoyage repose sur :
- la régularité des virements,
- le maintien de la vitesse,
- l’optimisation de la VMG (Velocity Made Good).
🧭 Récapitulatif
| Allure | Angle au vent | Difficulté | Vitesse |
|---|---|---|---|
| Près | 30–45° | Élevée | ⭐⭐ |
| Travers | 90° | Facile | ⭐⭐⭐⭐ |
| Largue | 120–150° | Moyenne | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Vent arrière | 180° | Facile attention à l’empannage | ⭐⭐ |